Orgeres, commune historique de Bretagne
La commune d'Orgères (An Heizeg) fait partie du canton de Bruz. Orgères dépend de l'arrondissement de Rennes, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne). Orgères vient du latin "hordeum" (orge) lieu où l'on cultive l'orge.
Saint-Martin, patron de la paroisse, aurait vécu en ermite dans le village de l'Hermitière. La paroisse d'Orgères remonte au XIème siècle et dépendait autrefois de l'ancien évêché de Rennes.


 
Pays où l'on cultive l'orge, disent certains, ou encore pays qui contient de l'or, disent d'autres, peu importe, le trésor d'Orgères est déjà, comme l'écrivait en 1882, un poète local, dans "le charme de sa campagne paisible et reposante", ce qui est fort appréciable en notre temps.
La paroisse semble remonter au XIème siècle. L'église a été construite au XVème et XVIIIème siècles, sauf la tour (1844). On rapporte que les carrières d'Orgères ont fourni des matériaux pour les fortifications de Rennes au XVème siècle.
Le Saint-Patron de la paroisse est Martin. Au pays de Bretagne, les fidèles que Martin avait convertis, formèrent une pieuse colonie à l'extrémité des landes d'Orgères, la place où se dressait la cellule de Saint-Martin est aujourd'hui un hameau nommé "l'Hermitière", un oasis de verdure, dans lequel les arbres cachent les maisons.
Parmi les hommes célèbres de la Commune figure le curé Vanneau, député des États Généraux en 1789.
Le Château d'Orgères, à 600 m au Nord Ouest du bourg et à l'Ouest de la route, comprenait au XVIIIème siècle une vaste construction avec un dôme central et deux pavillons, mais il a été en partie incendié au début du XIXème siècle et se compose aujourd'hui de deux bâtiments accolés d'inégale hauteur. Le moins haut est ce qui reste de l'ancien château.
La seigneurie d'Orgères fut érigée en châtellerie en 1640 et en baronnie en 1664 et 1774. Elle relevait originairement de la seigneurie de Bourgbarré, puis directement du roi depuis 1640. La tradition conserve le souvenir d'un combat livré entre les républicains et des chouans à la cour d'Orgères, près du château.
De nombreuses demeures conservent des souvenirs historiques comme l'ancien manoir de Serrière qui relevait de la seigneurie de Châteauloger en Saint-Erblon.

Les commencements d'Orgères ne nous sont guère connus que par les seigneurs de ce nom. Dès 1148 nous voyons apparaître à la cour du baron de Châteaugiron Payen d'Orgères. En 1181, Hervé d'Orgères et Evelin, son frère, sont signalés par Philippe, évêque de Rennes, comme étant les bienfaiteurs de l'abbaye de Savigné. Enfin, en 1193, Guillaume d'Orgères figure parmi les conseillers de la duchesse Constance de Bretagne (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 602, 603, 682 et 724).

Le Nécrologe ms. de Saint-Pierre de Rennes nous apprend également qu'à une époque reculée, vraisemblablement au XIIIème siècle, Mainfinid d'Orgères donna aux chanoines de Rennes les dîmes de sa terre d'Orgères. Aussi au siècle suivant ces chanoines faisaient-ils dans la cathédrale les services anniversaires de ce seigneur et d'un de ses descendants, Jean d'Orgères, seigneur d'Orgères et du Plessix-Bardoul. Si nous rapprochons de ces faits cette circonstance que le prieuré de Saint-Denis de Rennes ayant été fondé au XIIIème siècle, le titulaire de ce bénéfice reçut entre autres choses de l'évêque le droit de présenter la cure d'Orgères et d'exiger une pension du recteur du lieu, nous sommes amené à conclure que la paroisse d'Orgères, existant certainement au XIIIème siècle, peut fort bien remonter au XIIème et peut-être même au XIème siècle. En l'an 1240, il est aussi fait mention du bourg et de la paroisse d'Orgères, « burgum et parrochia de Orgeriis ». Geffroy de Pouancé, seigneur de la Guerche, y avait alors quelques biens qu'il donna en dot à sa fille Thomase, lors°©qu'elle épousa André de Vitré (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 602, 603, 682 et 724). Quant à l'opinion émise par l'annotateur du Dictionnaire de Bretagne (II, 251), « qu'il paraît que la paroisse d'Orgères était desservie par une communauté de religieux établis dans le bourg », il faut bien avouer que rien ne justifie cette assertion. Elle n'a pas plus de valeur que le rapprochement fait plus bas par le même auteur entre la date 1498 inscrite sur les premiers registres de paroisse et « l'érection de l'église actuelle » (Pouillé de Rennes).

En 1790, M. Vanneau, recteur d'Orgères, déclara qu'étant seul décimateur dans sa paroisse, il levait la dîme à la onzième gerbe sur les grains, lins et chanvres, ce qui lui rapportait 4 500 livres de rente. Mais sur cette somme il devait payer les décimes, fournir une pension de 350 livres à son vicaire, et remettre au Chapitre de Rennes, chaque année, deux mines de seigle estimées 72 livres (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 25). Cette dernière charge remplaçait la pension due primitivement au prieur de Saint-Denis, dont le titre avait été aboli en 1728. Depuis cette dernière époque aussi le recteur d'Orgères, présenté jusqu'alors par le prieur, était devenu à la nomination de l'ordinaire (Pouillé de Rennes).

Le château d'Orgères témoigne de l'importance de cette seigneurie, érigée en baronnie en 1664. La seigneurie d'Orgères fut érigée en châtellenie en 1640 et en baronnie en 1644 (en faveur de Gabriel de Bourgneuf) et 1774 (en faveur de M. de Bonescuelle) et relevait à l’origine de la seigneurie de Bourgbarré, puis directement du roi à partir de 1640. Elle appartient successivement aux familles d'Orgères, Morand, Bouédrier, de Bourgneuf, d'Argentré, Déniau, de Cornulier et de Bonescuelle. L'auditoire de la seigneurie d'Orgères se trouvait jadis près de l'église et celui de la seigneurie Noyer se trouvait au bourg. Le cep et collier de la seigneurie d'Orgères se dressaient autrefois à l'entrée du cimetière.
La tradition conserve le souvenir d'un combat livré entre Républicains et des Chouans à la Cour d'Orgères, près du château. Orgères est la patrie du comte de Bonescuelle, lieutenant général sous Louis XVI, et de l'abbé Vanneau, député à l'Assemblée Constituante en 1789.

On rencontre les appellations suivantes : Orgiariœ (en 1148), Orgeria (en 1181), ecclesia de Orgeriis (en 1516).

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